Je tenais à présenter un des jeux que j'avais créé milieu des années 90, je l'avais présenté au concours Lépine ainsi qu'au salon international du jeu de Boulogne Billancourt avec deux autres jeux, seul celui-ci avait été retenu en catégorie jeu junior.
les deux autres jeux, des jeux bois, un morpion trois dimensions avec deux systèmes de déplacement en espace et un jeu style échec avec des pions réverso (dont une face commune) sur un damier tricolore , déplacement comme le cavalier des échecs...mais un peu trop compliqué.
Ce jeu s'appelle JO
, il est enregistré à l'INPI (Institut national de la propriété industrielle)
200 jeux ont été fabriqués à titre d'exemple, hormis les jetons, plantés en premier par une petite PME française pas très sérieuse pour la fabrication d'un moule et le façonnage des jetons bicolores, mais l'étude est toujours de côté pour une fabrication .
Jeu familial, hasard et stratégie (à la base, inspiré du jeu ancrestral des dominos)
Avantage : aire de jeu restreinte, tout se joue autour de sa base donc une aire de 10 cm² suffit , les jetons étant maintenus par la tige, ne craint ni le vent, ni les secousses...idéal plage. Le jeu est d'utilisation internationale, etc...
Aujourd'hui je ne vais pas vous présenter une nouvelle oeuvre, mais je vais vous parler d'un coin de paradis perdu, au sens propre et figuré. Il s'agit d'une petite ville au coeur de l'Amazonie péruvienne se nommant Puerto Maldonado où j'ai acquis une belle petite propriété en 2002. Pour l'anecdote, mon avion avait du retard, j'avais remarqué des pancartes "Se vende" sur la route menant de la ville à l'aéroport, j'ai pis une moto taxi pour y retourner, j'ai passé la tête par dessus la clôture de l'une d'elle (photo ci-après) qui m'avait l'air sympa et je suis revenu quelques mois plus tard pour l'acquérir sans l'avoir visité auparavant, en toute légalité, ce qu'on appellerait un coup de folie.
Le Pérou, c'est 1,285 millions de km² dont la moitié en forêt amazonienne,
l'équivalent de la France.
Puerto Maldonado
km4 La Pastora
Lorsque j'ai acheté cette propriété, cette petite ville de la région de Tambopata, capitale du département de la Madre de dios (aussi du nom du fleuve la traversant ), comptait moins de 30 000 habitants, répartis un peu partout, les voitures et routes principales étaient quasi inexistantes et la ville somnolait, vivant de petites querelles entre les chercheurs d'or, coupeurs de bois et indiens, mais c'était quand même le paradis. Des amis nord américains, Belinda et Lance Peck s'occupaient de la propriété, ils pratiquaient l'élevage et l'exportation des poissons exotiques. Je m'y rendais deux fois par an pour me ressourcer, aujourd'hui un autre ami, Eric, y réside avec sa famille .
ma propriété (avant 2006)
construction d'un Tank (bien que j'avais l'eau courante) et vue vers l'entrée de la propriété
L'entrée (façade avant) de la propriété d'environ 1 hectare, située sur la route ville/aéroport
une des habitations, ma première chambre au fond et la cuisine avec grill extérieur couvert
Par la suite, j'ai déménagé ma chambre en étage d'un autre bâtiment (ci-dessous)
J'ai construit sur le terrain un des premiers terrains de pétanque, couvert et éclairé (photo dessous à gauche), photo de droite, ce sont des nuisibles, bateau de chercheurs d'or qui tournait 24h/24h.
Un des deux bâtiments du fond, prêté aux américains pour leur élevage de poissons, ils avaient découvert une nouvelle espèce, j'en avait ramené un exemplaire (avec autorisations) à un ami commun, professeur au MHN. L'autre bâtiment en deuxième photo, aussi d'environ 300m², non aménagé il servait surtout de dortoir aux roussettes (grandes chauve-souris frugivores).
Anecdote, une nuit je m'étais levé, il pleuvait, j'étais persuadé que le bouton d'interruption extérieur des WC était à ma portée...je suis resté collé au câble électrique dénudé les pieds dans l'eau, un miracle ce jour là que je sois encore en vie, à ma visite suivante je suis revenu de France avec deux nouveaux compteurs, protection de personnes et j'ai changé tout le câblage.
Les pluies diluviennes font aussi partie du panorama
Douche naturelle, car ce n'est pas pour rien qu'on surnomme l'Amazonie l'enfer vert.
Quelques autres vues de la propriété
Au crépuscule (vers 17h30 max chaque jour de l'année)
Magnifique vue à l'arrière sur le lever du jour, brume sur la forêt amazonienne, depuis les hamacs
La ville - Puerto Maldonado
La place centrale, pas trop d'activités à faire en ville, mais porte vers la forêt
Il y a aussi des éboueurs, ma propriété était passé d'agricole en urbaine en 2003, simplement par le fait que la ville a mis des poubelles devant chez moi, la taxe locale a aussi flambée, comme le disait le maire adjoint, chef du cadastre et ami "tu es le seul à avoir des actes de propriété en règle dans ce quartier".
Fête de la construction de la ville
Le marché, pas de frigos, il fallait s'y rendre tôt avant les chaleurs (près de 30°C dès 8h00 et pour avoir du Lomo avant les restaurants.
En face de la propriété
Les animaux et les fruits de toutes sortes abondaient sur ma propriété sans avoir le besoin de sortir en forêt (les photos suivantes ont été prises sur ma propriété).
A droite, il y avait beaucoup de ces rares petits tamarins qui venaient chercher leur bananes, j'avais environ 40 bananiers de variétés différentes.
Alajandro préparant des fèves cacao que j'ai planté ensuite
Alejandro au milieu de l'arbre à pains
Petite excursion avec Lance pour quelques prélèvements, notamment Socratea exorrhiza, parfois présenté comme étant capable de se déplacer de l'endroit où il a germé, en faisant pousser ses racines sur un côté et en les abandonnant de l'autre.
Aujourd'hui cette partie de forêt, pas loin de la transamazonienne, a certainement disparue pour faire place à des prairies d'élevage, les époux Peck sont restés dans la région, ils se sont installés dans une zone protégée pour faire le négoce d'orchidées.
La ville de Puerto Maldonado possède un aéroport international, il y avait alors des vols réguliers de 35 mns pour la ville proche de Cuzco, ville Inca avec les vestiges du temple du soleil, le site de Sacsayhuamán, entre autres, et départ pour le Machu Pichu, je m'y rendais très souvent, c'est une ville très dynamique et authentique.
Adios
Aujourd'hui en 2008 (photo des travaux) cette ville compte près de 92 000 habitants, elle est vouée à être traversée chaque jour par des centaines de camions provenant et allant au Brésil empruntant la route transocéanique qui passe dans la ville et le pont engendrant le fleuve construit en grande partie par le Brésil pour leur transport de soja. Sur le terrain, les animaux ont disparu, les terrains avoisinants ont été remplacés par des hôtels, discothèques, petites restaurations, stations d'essence et autres lieux de plaisirs pour routiers. D'année en année, des hectares de forêt ont disparu au profit de cultures, constructions.... de plus L'érosion non protégée jusqu'à lors des berges du fleuve a mangé un tiers de ma propriété. Je ne puis vivre que sur le souvenir de ces odeurs et sensations que j'ai alors jadis connues et ces dernières années, j'ai un peu délaissé mes déplacements en Amazonie au profit de l'Asie (2006-2008).
Depuis 2007, aménagement de la route devant la propriété et construction de brise lame contre l'érosion dans le fleuve à l'arrière.
en 2022, j'ai revendu ma propriété, via le consulat du Pérou à Paris, à la veuve d'Eric décédé jeune un an plus tôt d'un cancer.
En 2022, via des photos mappy, voilà ce qu'est devenu mon ex-propriété, le terrain agricole ne doit plus être car le fleuve Madre de Dios l'a certainement mangé, on est loin de mon article sur un paradis perdu, qui ne l'est plus simplement qu'au sens figuré.
Pour mémoire, c'était çà !
Si un jour vous avez l'occasion de voyager au Pérou et que vous avez envie d'Amazonie, à Puerto Maldonado, vous pouvez passer 2 ou 3 jours en forêt pour pas cher (dépaysement garanti), j'ai un ami Georges BLACHE (photo 2004) propriétaire d'un hôtel, le lodge Corto Maltesse, avec tout le confort. Son lodge est situé en forêt à 30mns de bateau de la ville, sa fille le gère, lui est revenu définitivement en France pour des questions de Santé
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BUFFARD, peintre plasticien, présente son travail avec une sélection de peintures récentes, naviguant entre l'abstractionnisme et le figuratif, les sujets sont souvent liés aux problèmes de société et d'environnement, parfois traités avec humour. Passionné d'arts premiers, il vous invite à découvrir dans ce blog des articles étayés s'y référant avec des réflexions et recherches personnelles.